Note: Crise est une fanfic qui date mais dont je suis toujours aussi fire. Elle a crite avant la reprise de next gen Shippuuden maintenant-, quand on ne savait encore rien de lvolution des personnages. 



Crise 	

Un: Kiba

Kiba se tassa un peu plus sur lui-mme et adressa au ninja qui se dressait devant lui un regard bouillonnant de colre et danimosit assorti dun grondement menaant.
 " Tu peux aller te faire voir, espce de fils de pute, tu nobtiendras rien de moi
Le regard du ninja au visage scarifi sassombrit de contrarit, et sans un mot il savana dun pas et allongea un coup de pied magistral dans le ventre de Kiba, projetant le jeune homme vers le mur. 
Quand les pierres anguleuses entrrent en contact avec son dos, meurtrissant la chair, un rle involontaire schappa dentre les lvres serres du jeune ninja. Ignorant la douleur, il ramena tant bien que mal ses jambes sous lui, et appuyant ses avant-bras sur le mur derrire lui, il parvint  se stabiliser en position accroupie. 
Ses bras taient attachs dans son dos, tirs vers larrire dans une position incroyablement douloureuse, qui lui dmettait lentement mais srement les paules, et autour de ses doigts taient passes les entraves que lon utilisait pour empcher les ninjas captifs de former des sceaux.
La sensation tait pour le moins dsagrable.

Mais malgr cela, le grondement rauque et menaant tait de retour, schappant de la gorge du jeune homme. Ses lvres se retroussrent dans un mouvement de dfi instinctif, rvlant des canines anormalement longues et effiles ; et malgr sa position ramasse, il sembla vritablement se hrisser, mettant une aura dangereuse et fluctuante
Le ninja du Son aurait d couter ses instincts.
S'il n'avait pas t tellement sr de sa position de force, s'il s'tait autoris  accorder ne serait-ce qu'une attention machinale au vague malaise qui s'emparait de lui tandis que des instincts bien trop rods se mettaient en branle, il aurait sans doute pu viter beaucoup d'ennuis. 
Il aurait d couter ses instincts
Mais malheureusement pour lui il ne le fit pas.

Le clan Inuzuka avait sign un pacte de sang avec les chiens.
Mais, contrairement  ce que beaucoup pensaient, cela allait bien plus loin que la simple aide au combat, bien plus loin que se battre, manger, dormir ensemble Cela allait plus loin que les quelques caractristiques physiques dfinitivement animales que les membres du clan partageaient avec leurs chiens 
Cela signifiait qu'ils faisaient partie de la meute.
Et si le ninja du Son avait cout ses instincts, il aurait reconnu la posture de Kiba, et ralis que, tout comme un loup, c'tait accul qu'il tait le plus dangereux.
Avec un cri de guerre rauque et inintelligible, le jeune homme bondit, et referma ses crocs sur la gorge de l'homme, l'entranant avec lui dans sa chute.

Aussitt la pice plongea dans le chaos.
Autour de lui, il pouvait entendre les jurons paniqus et surpris des autres ninjas, et les rles de sa proie qui se dbattait, mais tout cela ne lui parvenait qu'en arrire-plan, couvert par la dtermination farouche qui l'habitait.
Quand un coup de pied dans son visage lui fit exploser la pommette, il ne desserra pas les dents. Il n'avait pas russi  atteindre la jugulaire, mais s'il lchait prise il n'aurait pas d'autre occasion.
Aussi se cramponna-t-il  l'homme, serrant dsesprment les dents, ignorant le got cuivr du sang qui envahissait peu  peu sa bouche, la douleur et les coups des ninjas dtermins  lui faire lcher prise.
Il ne sut pas combien de temps il avait tenu comme a, uniquement concentr sur l'homme auquel il se raccrochait de toutes ses forces. Mais soudain, un spasme de douleur le traversa et il ne put retenir un cri, relchant sa prise de la gorge de sa proie : en dsespoir de cause, l'un des ninjas du Son venait de lui casser le bras.
Aussitt des mains ennemies le clourent au sol, l'immobilisant et le rouant de coups, tandis que d'autres mains lui arrachaient sa proie, l'aidaient  se relever.

Kiba se dbattit en vain, donnant des coups de pied dans le vide, et tentant de mordre tout ce qui passait  sa porte, se contorsionnant inutilement. L'un des ninjas cala son genou dans son dos, et d'une main tordit le bras cass tandis que l'autre saisissait sa nuque d'une poigne de fer et aplatissait son visage ensanglant contre le sol glacial.
Il entendit indistinctement une voix irrite et vaguement hystrique ordonner qu'on lui trouve un billon. Il ne se passa que quelques secondes avant qu'il ne sente une main enserrer sa mchoire, le forant  ouvrit la bouche tandis qu'on forait sans crmonie un tissu rche et pais entre ses dents.
Un troisime homme s'agenouilla derrire lui, serrant le nud au maximum et lui coupant presque la respiration
Et soudain la pression sur son dos et sa nuque disparut alors que les hommes qui l'avaient immobilis se redressaient et reculaient de quelques pas, le laissant le souffle court et incapable de faire le moindre mouvement, quand bien mme sa vie en aurait dpendu.

L'homme que Kiba avait attaqu haletait lourdement, une main crispe une compresse qui rougissait lentement. Le sang avait coul et noircissait ses vtements.
Un ninja mdical s'approcha et, dcouvrant la plaie, tenta de masquer une grimace dsapprobatrice qui n'chappa cependant pas  Kiba.
" Commandant, il faudrait que vous me suiviez  l'infirmerie "
Le ninja scarifi fit signe qu'il avait entendu mais se dirigea vers Kiba avec une lenteur dlibre. Le jeune homme lui adressa un regard farouche et tenta de se redresser, mais d'un coup de pied l'homme le retourna sur le dos, lui arrachant un cri de douleur touff quand l'angle de son bras se fit un peu plus anormal
"Je m'occuperait moi-mme de l'interrogation de ce chien Il fera moins le fier quand on lui aura lim les crocs"
Kiba constata avec une vague satisfaction que la voix de 'tte de sillon', comme il avait intrieurement baptis le ninja, tait rauque, et que les gargouillis qui accompagnaient chaque mot signifiaient que le sang coulait dans sa gorge et, avec un peu de chance, dans ses poumons.
Rassemblant ses forces tandis que les ninjas du son quittaient un  un la cellule, il chargea son regard de toutes les promesses de mort violente auxquelles il pouvait songer dans l'instant et toisa frocement les shinobi, jusqu' ce que la porte se referme sur le dernier d'entre eux.
Mme aprs cela il continua  fixer farouchement le panneau de bois, comme s'il esprait creuser un trou  travers par la seule intensit de son regard.
L'odeur enttante du sang brouillait peut-tre son odorat, mais son oue lui indiquait clairement que les ninjas ennemis taient encore derrire la porte.
Puis, peu  peu, les voix se turent et le bruit des pas dcrut dans les couloirs.
Alors seulement, Kiba autorisa sa tte  retomber sur le sol et ses yeux  se fermer.

Au prix de quelques douloureuses contorsions, il parvint  se basculer sur le flanc, dgageant son bras cass et cherchant la position dans laquelle il avait le moins de mal  respirer.
Le sol tait froid, et il avait mal partout. Avec un gmissement imperceptible, il se roula un peu plus sur lui-mme, adoptant une position ftale rconfortante.
Akamaru lui manquait.
Tout ce qu'il souhaitait en cet instant prcis tait son meilleur ami. 
Akamaru se roulerait en boule contre son ventre, le rchauffant et l'assurant que tout allait sarranger, poussant de petits grognements quand il rverait qu'il pourchassait des lapins.
Et tout irait bien.



Tel est Kiba Inuzuka, seize ans, chuunin du village cach de Konoha : un grand jeune homme brun au visage nergique, aux pupilles noires trangement fendues et au sourire carnassier, portant firement les marquages faciaux de son clan. Un jeune homme ouvert et rieur, un peu fauteur de trouble sur les bords  mais aprs tout il faut bien assurer l'animation du village, maintenant que Naruto n'est plus l  et farouchement fidle  ceux qu'il considre comme sa meute. Un jeune homme enthousiaste, prompt  la colre mais aussi  la rconciliation, un jeune homme qui promne dans sa veste son meilleur ami, un petit chien blanc  l'aspect inoffensif. 
C'est aussi un excellent ninja.
Peut-tre n'a-t-il pas l'efficace prcision de Shino, ni la fluidit ltale d'Hinata, mais c'est un combattant audacieux et froce, aux sens aiguiss et  l'esprit vif. Et quand Akamaru est  ses cts, qu'ils se battent ensemble comme s'ils n'taient que les deux parties d'un mme tre, il semble invincible.

Quand il tait encore enfant et que quelque chose n'allait pas, Kiba se glissait hors de sa chambre par la fentre et s'introduisait dans le chenil. L, il se roulait en boule dans la paille sche et attendait que les chiens viennent.
C'tait d'abord Kala, la vieille chienne boiteuse de sa mre, celle qui l'avait allait aprs sa naissance, quand son pre avait t port disparu en mission et que Tsume tait partie  sa recherche. Elle lui lchait les oreilles et se couchait contre son dos, le museau pos dans le creux de son cou. Ensuite venaient Hige et ses deux frres, les chiens de sa sur, qui posaient leurs lourdes ttes sur ses jambes. Puis suivaient tout les autres : les chiens trop vieux ou trop gravement blesss pour se battre, les jeunes non encore dresss, mme les chiots. Parfois mme, Kuromaru le grand mle borgne venait s'allonger auprs de Kala, plaant sa tte contre celle, minuscule en comparaison, du garonnet
Et l, enfoui au centre du nid de fourrures douces et chaudes, Kiba parvenait enfin  trouver le repos.

En grandissant il a perdu cette habitude,  peu prs  l'poque o Akamaru est arriv, n de la dernire porte de Kala, et maintenant c'est lui qui se roule contre la poitrine de Kiba, grognant si un chiot inconscient fait mine de venir squatter sa place

La premire fois qu'il a tu un homme, Kiba est rentr normalement  la maison. Seule sa sur a remarqu le lger tremblement de ses mains, mais elle n'a rien dit.
Aprs le repas, couch dans sa chambre, Kiba a essay de dormir, mais mme la chaude prsence dAkamaru n'tait pas suffisante. Alors il est descendu jusqu'au chenil, et l il s'est couch parmi les chiens jusqu' ce que les tremblements cessent. Jusqu' ce que la chaleur revienne.
C'est sa manire  lui de craquer.

Konoha a trois rgles d'or. Elles ne sont crites nulle part, mais chacun les connat.
Ne trahis pas ton village.
N'abandonne pas tes camarades.
Ne craque jamais en mission.
Et en silence, sans jamais en parler, les ninjas et les kunochis respectent ces trois rgles.
Tous craquent  un moment ou  un autre, quand la pression devient trop forte, quand trop d'horreurs s'accumulent, quand la goutte de sang fait dborder le vase.
Certains peuvent tenir des annes sans s'effondrer. D'autres  souvent les anbu - craquent rgulirement pour pouvoir continuer sans devenir compltement fous
Certains l'extriorisent en se noyant dans l'entranement le plus intensif, jusqu' l'puisement. D'autres alignent les conqutes, esprant effacer dans un lit les cauchemars du champ de bataille. D'autres pleurent toutes les larmes de leur corps dans les bras d'un amant, d'un ami. D'autres encore sont pris de crises de fivre qui peuvent durer plusieurs jours avant de disparatre aussi brutalement qu'elles sont arrives
Et une fois la crise passe, ils retournent en mission, et nul n'en parle. Parce qu'ils sont des ninjas de Konoha.

Et maintenant, couch sur la pierre froide, puis et meurtri, avec pour seule compagnie le sifflement laborieux de sa respiration et sous la langue la saveur d'un sang qui n'est pas le sien, avec la certitude qu'il va tre tortur, Kiba sent monter la peur abjecte.
Mais il ne craquera pas.
Ses amis sont peut-tre morts. Peut-tre Akamaru n'a-t-il pas russit  s'enfuir... Et peut-tre lui-mme va-t-il mourir
Mais il ne craquera pas, car il est un ninja de Konoha, et que s'effondrer serait trahir.

Tel est Kiba Inuzuka.

